Au Mali, environ 75% de la population dépend aujourd’hui de l’agriculture pour son alimentation et ses revenus. Or, le pays, pourtant peu émetteur de gaz à effet de serre (GES), subit déjà les conséquences du changement climatique : on y observe des phénomènes météorologiques inhabituels comme des sécheresses plus sévères ou encore des précipitations extrêmes pendant la saison des pluies. Au-delà de la problématique environnementale, le Mali est en proie à une instabilité politique et sécuritaire depuis 2012, entrainant des flux de populations forcés vers les zones épargnées du sud. Cette dynamique n’est pas sans conséquence : on assiste à la saturation de villes déjà surpeuplées. De fait, les terres maliennes et les conditions sanitaires de ces dernières se dégradent, accentuant la situation de précarité de centaines de milliers de Maliens. En conséquence de ce contexte de précarité extrême et de combinaisons de crises, les jeunes restent trop souvent sans alternative ni perspective d’avenir.

 

Depuis 2017, l’ICI intervient au Mali auprès de jeunes de la 5ème région pour les former aux métiers de l’eau, de l’énergie, et de l’informatique au sein de son Centre de formation situé dans le village artisanal de Mopti. A son échelle, l’ICI participe ainsi à créer une perspective d’avenir locale pour des jeunes dans le besoin. Sur le plan sanitaire, l’ICI s’est engagé depuis 2019 avec ses partenaires locaux et institutionnels dans un projet pilote de construction et de mise à disposition de toilettes à compost (TAC) dans les communautés péri-urbaines de Mopti. Dans un contexte actuel où l’assainissement reste la problématique majeure dans cette région, l’ICI propose un système simple et efficace, qui permet d’améliorer concrètement le quotidien des populations locales en venant remplacer les latrines traditionnelles familiales ou collectives, parfois insalubres. La construction des TAC présente également des intérêts considérables sur le plan social, écologique et économique. L’utilisation des TAC permet aux familles de bénéficier d’un cadre de vie assaini et d’un environnement familial protégé. Grâce à un système de compostage, les TAC permettent une valorisation des déchets en engrais organique : les sols sont alors enrichis et les productions agricoles optimisées. Enfin, le compost produit amène la possibilité disposer ou de vendre de l’engrais naturel et de qualité, et donc de dégager une activité génératrice de revenus pérenne.

 

Aujourd’hui, le bilan est plus qu’encourageant. Les TAC ont été largement acceptées par les communautés locales bénéficiaires, qui ont le sentiment d’une grande revalorisation sociale. Les acteurs institutionnels locaux soutiennent d’ailleurs avec enthousiasme ce projet. Afin de renforcer cette dynamique et d’en élargir l’impact, l’ICI, plus que jamais convaincue par cette solution sanitaire innovante, entame désormais la deuxième phase du projet : le déploiement des TAC à grande échelle.

 

Iris Lassus et Léo Bonnet Colombet

Chargés de projet